Le programme nucléaire nord-coréen : doit-on le diaboliser?

Le vingt-huit août 2017 la Corée du Nord a fait les manchettes*. Une fois de plus. Le lencement audacieux d’un missile balistique qui a survolé le Japon septentrional signifie, d’un point de vu diplomatique, une forte contestation aux dernières annonces de Donald Trump, le président états-unien, selon lequel « on se batterait à feu et fureur » si le programme nucléaire de la Corée du Nord n’était pas discontinué [1]. Parmis des tensions toujours montantes, le moment actuel se présente opportun pour s’interroger : doit-on diaboliser le programme nucléaire nord-coréen? À fin de mieux répondre à cette question, il est impératif de conduire l’analyse complète d’une série de facteurs, à savoir : (1) pourquoi la Corée du Nord veut-elle se doter d’un arsenal d’ogive nucléaire ? (2) pourquoi d’autres États — dont quelques-uns déjà nucléarisés eux-mêmes — souhaitent contracerrer la poursuite nucléaire nord-coréenne ? Et enfin, (3) d’un point de vu du Droit International Public, faut-il diaboliser la Corée du Nord de vouloir se doter d’un arsenal nucléaire ?

Attention: (*) j’ai écrit cet article en septembre 2017 et j’y ai travaillé au point où il est dévenu un article publié (2018) sur une revue scientifique de l’université où je fais l’économie et les relations internationales. Premièrement écrit en Portugais, je le repuplie maintenant en langue française parce que je postule à un programme de Master en France. Cela veut dire que ce texte certainement soubira des changements ainsi que d’autres touchant l’objet d’étude (la Corée du Nord) seront publiés. Puisque le français n’est pas ma langue vernaculaire, si vous trouvez dans le texte quelque ce soit empêchant la compréhension, veuillez m’en perler. Merci! (adilsontreino@gmail.com)

  1. Pourquoi la Corée du Nord veut-elle se doter d’un arsenal d’ogive nucléaire ?

Pour bien répondre à cette question il nous faut remonter dans l’histoire. Les ambitions nucléaires nord-coréennes remontent dans les années de l’aprés-IIème Guerre Mondiale (1945). Alors que la Guerre Froide prenait forme, Kim Il Sung rêvait davantage et plus intesément d’une péninsule réunifiée sous un régime d’orientation socialiste. L’une des premières escarmouches d’un monde alors bipolaire qui s’est suivit était la Guerre Coréenne, qui a ravagé la péninsule de juin 1950 à juillet 1953.

Finit le conflit, la défaite d’Il Sung, alors incrustée dans l’armistice de 1953 ayant crée la soi-disante Zone Démilitarisée au 38ème parallel a fort convaincu l’Éternel Président qu’il aurait besoin des capabilités de protéction plus puissantes s’il désirait une péninsule réunifiée et, particulièrement important, pour être capable d’écarter la politique étrangère ingérente et basée sur des ménaces venant d’un pays alors devenu un nouvel ennemi de la Corée du Nord : les Étas-Unis.

Il faut que les lecteurs tiennent au fait que réunifier les Corées n’était qu’un des soucis de Kim Il Sung. À l’issu de la Guerre des Corées, Il Sung avait gangé ledit nouvel adversaire (les Étas-Unis). En vu de la faiblesse de l’armée nord-coréenne au moment de l’invasion du Sud (au dépit de l’aide d’armements que l’URSS lui avait donné [2]), il est fort improbable qu’Il Sung aurait pû atteindre la victoire contre le Sud appuyé par les Étas-Unis.

En tout cas, la forte intervention des Étas-Unis dans le conflit — une puissanse nucléaire qui avait montré au monde le pouvoir de destruction de telles armes au Japon, en août 1945 — a rendu impossible une victoire nord-coréenne, ce qui a convancu qu’un arsenal d’armes traditionnelles ne suffirait pas à son pays dans la poursuite de la réunification et de la protection. Autrement dit, la poursuite d’un arsenal d’ogive nucléaire par la Corée du Nord — qu’à présent est sous la dirigeance de Kim Jong-Un, le petit-fils d’Il Sung) découle d’une approche réaliste du champ des Relations Internationalles : le pouvoir de dissuasion[3].

Jusqu’ici je crois que les motifs poussant la Corée du Nord dans sa poursuite nucléaires se sont déjà fait assez évidents : sa nécessité de protection. Néanmoins, comprendre les implications géopolitiques du pouvoir de dissuasion peut améliorer l’appréciation des raisons qui poussent la Corée du Nord à poursuivre son programme nucléaire si vigoureusement.

Contrairement à ce qu’on trouve dans les limites géoraphiques d’un pays quelconque, le système international — c’est-à-dire, l’ensemble des pays composant le monde soumit à des règles à l’échelle internationale –est dépourvu d’une sorte d’autorité élévée capable de venir en aide et d’intervenir dans des désaccords internationaux.

Éffectivement, par exemple, cela veut dire qu’un pays moins puissant sur les points économique et miliraire (comme la Corée du Nord, par exemple) et ayant besoin d’aide en raison d’une ménace (venant d’un pays plus puissant) sous laquelle il se trouve ne peut beaucoup faire, sauf se servir de ses capabilités de protéction. Ce fait characterise le monde comme un monde anarchique où les intérêtes des moins forts se soumettent à ceux des plus puissants.

Dans ce sense, les pays ne se dotent pas d’arsenaux nucléaires pour les déployer sur les champs de batailles. Ils le font pour écarter le risque de la soumission de leurs intérêts et sauvegarder leur souveraineté. Ça c’est le pouvoir de dissuasion. Posez vous les questions suivantes : quelle est la probabilité d’un pays non-nucléarisé d’attaquer militairement un pays possedant des armes nucléaires ? Et quant à celle de deux pays nucléarisés entrer dans un conflit l’un avec l’autre sachant, dès le debut, que tous les deux possèdent des arsenaux nucléaires ?

Dans le cas où le conflit se déroule au dépit des risques, le pouvoir de destruction d’une telle arme peut facilement aniquiler les pays combatants, amenant à ce que le théoricien Hans Morgenthau a nommé Mutually Assured Destruction (M.A.D.)[4]. La « destruction mutuellement assuré » impliquerait dans un scénario dépourvu de rationalité dans un monde ou celle-ci devrait régner.

Ayant établi pourquoi la Corée du Nord désire posseder des armes nucléaires, it est désormais valable d’entreprendre une réfléction sur les motifs pour lesquels certains pays, dont quelques-uns déjà dotés d’ogives nucléaires, depuis des décennies d’aileurs, font en sorte de contracerrer les efforts nord-coréens.

2. Pourquoi d’autres États — dont quelques-uns déjà nucléarisés eux-mêmes — souhaitent contracerrer la poursuite nucléire nord-coréenne ?

Jeter un regard concis et objectif sur les six dernières décennies suffit pour aborder cette question. Plus de cinquante ans après l’angoissante crise cubaine, en octobre 1962 ; quarante-neuf ans après l’entrée en vigeur du Traité sur la Non-Prolifération nucléaire (TNP), début 1970 ; et vingt-huit ans depuis la fin de la Guerre Froide, en 1991, la ménace d’un conflit nucléaire ne s’est pas totalement évanouie.

Le Traité sur la Non-Prolifération nucléaire, en particuler (on le discutera en profondité dans la troisième question de cet article), se fait incontournable pour mieux comprendre les enjeux du programme nucléaire nord-coréen.

En ce qui concerne l’effort venant d’autres États à fin d’éviter que la Corée du Nord se dote d’un arsenal nucléaire, il faut établir le fait suivant : une Corée du Nord nucléarisée pourrait inciter des pays voisins, tels que la Corée du Sud et le Japon, à développer leurs propres arsenaux d’ogives nucléaires, ainsi menaçant la structure juridique de la non-prolifération des armes nucléaires.

Le pouvoir de destruction n’est pas le seul sort de pouvoir dont dispose une arme nucléaire. En vue de la Destruction Mutuellement Assuré qu’on y trouve, l’usage d’une telle arme se présente improbable (mais pourtant jamais hors de cogination, voire Hiroshima et Nagasaki, en août 1945). C’est donc l’autre pouvoir — aussi puissant que celui de la destruction — qu’attire l’attention des pays : le pouvoir politique.

En bref, un pays doté d’un arsenal nucléaire entre dans le « prestigieux » Club Nucléaire. Y être accordera au nouvel-arrivé des avantages politiques garantis par pouvoir de la dissuasion de l’arme.

3. D’un point de vu du Droit International Public, faut-il diaboliser la Corée du Nord de vouloir se doter d’un arsenal nucléaire ?

La signature et l’entrée en vigeur du Traité sur la Non-Prolifération nucléaire, le TNP, en 1968 et en 1970, respectivement sont, jusqu’à présent, les pierres angulaires des efforts de désarmement et non-prolifération nucléaires. Le traité a fondamentalement trois buts majeurs, à savoir : (1) promovoir le démantèlement (i.e. le désarmement) de tous les arsenaux nucléaires, ainsi mettant fin à la course aux armements nucléaires ; (2) assurer que les pays non dotés d’arme nucléaires développent des programme nucléaires orientés à la fabrication de telles armes, c’est-à-dire, garantir la non-prolifération ; et (3) encourager l’usage énergétique du pouvoir nucléaire, c’est-à-dire, l’usage pacifique [5].

Pendant trente-deux ans, entre 1953 et 1985, la poursuit nucléaire nord-coréenne ne laissait pas de traces quant à sa réticence d’adhérer au TNP. Dans l’année 1985, pourtant, la Corée a fait volte-face en annonçant son entrée au ledit traité. Treize ans plus tard, en 2003, elle y départ — d’après des documents officiels — en raisons des ménaces et de l’ingérence des politiques états-uniennes [6].

Au-delà des trois lesdits buts majeurs du TNP, il existe encore d’autres points qui rendent le document « difficiler à avaler » d’un point de vu juridico-diplomatique. Le traité établit que les pays n’ayant pas se dotés d’armes nucléaires jsuqu’en 1967 ne devraient plus chercher à le faire (article II). Cela pose déjà un problème dans la mésure où il amène à ce que l’ambassadeur brésilien Araújo Castro a intitulé, à la suite de la signature du traité, « le gel du pouvoir mondial » créeant des pays dotés et non-dotés de telles armes.

Tout État non doté d’armes nucléaires qui est Partie au Traité s’engage à n’accepter de qui que ce soit, ni directement ni indirectement, le transfert d’armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires ou du contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs ; à ne fabriquer ni acquérir de quelque autre manière des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs ; et à ne rechercher ni recevoir une aide quelconque pour la fabrication d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs. (Article II du TNP)

Encore un autre incovénient est le 6ème article lequel établit le démantèlement de tous les arsenaux. Malgré l’urgeance qu’il était atteint, cet article ne propose pas l’établissement d’un système éffectif chargé de sauvegarder, accompagner et surtour assurer le processus de démantèlement de la part des pays signataires et dotés d’armes nucléaires. Plutôt, les nations nucléarisées de l’époque — les Étas-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — se sont engagés à « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée ».

Ledit article pose des problème il même. En face du « à une daTe rapprochée » est lue, il faut s’interroger. Quand est-ce que le démantèlement des pays nucléarisés va-t-il présicement avoir lieu? D’un point de vu technique, donc, ce que l’article VI a éffectivement créé est un monde divisé : d’un côté ceux doté d’armes nucléaires (et donc bénéficiés par les avantages politiques qu’elles garantissent) et pour qui un calendrier pour le démantèlement n’est pas précisé. De l’autre côté sont ceux non-nucléarisés qui, désirant se doter d’un arsenal, ne pourront pas le faire en vu TNP.

Dans un monde characterisé par l’anarchie à l’échelle internationalle et où le pouvoir nucléaire n’est que dans les mains d’une dizaine d’États, ne serait-il irrationnel croire que pays dotés et non-dotés d’arsenaux nucléaires disposent des avantages politiques égaux ?

En plus, le fait que la Corée du Nord s’est retirée du TNP en 2003 veut dire qu’elle n’est plus sous les règles du traité et, donc, ne peut plus être ciblée par les sanctions. Si un pays signataire du Traité sur la Non-Prolifération nucléaire se met à développer un programme nucléaire à fin de se doter d’un arsenal il serait en train de violer les règles du ledit accord et, par conséquent, sera ciblé par des sanctions internationalles. Tel est le cas du programme nucléaire iranien. Toutefois, puisque la Corée du Nord n’est plus, depui sseize ans déjà, signataire du TNP (ainsi que d’autres traités sur le même sujet), quel loi internationalle est-elle en train d’enfreindre ? La réponse : aucune !

Adressons l’idée de souveraineté. La définition d’état national — i.e. un pays reconnu comme tel par la communauté internationale est doté de souveraineté — a vu le jour à l’issu des Guerre de Trente ans, en 1648. En tant que souverain, les politiques d’un pays — soient les nationales ou les étrangères — ne doivent pas être cible d’ingéreance internationale, sauf dans le cas où cela est permit par le pays en question.

Dans ce sense, it ne serait pas irrationel de conclure que les nombreuses et pénibles sanctions dont la Corée du Nord est cible mettent en question la crédibilité des pays dotés d’armes nucléaires et qui si rigoureusement font en sorte de contracerrer le programme nucléaire de ce pays péninsulaire. Autrement dit : pourquoi faudrait-il pénaliser un pays qui n’enfreindre aucune règle ? Le cas d’Istaël et son programme nucléaire se met en evidence. En tant qu’un pays historiquement lié à l’Ocident — surtout aux Étas-Unis — son programme nucléaire conçu à fin militaire n’a jamis été ciblé par des accusations et sanctions de la part de l’ensemble de pays nucléarisés depuis l’entrée en vigeur du TNP tel comme on peut observer dans le cas nord-coréen. Porquoi ?

En conclusion, je dirais qu’il est plutôt cynique de la part du « Club Nucléaire », surtout les Étas-Unis, demander, voire même exiger aved « fue et fureur », que d’autres pays renoncent à leurs ambitions alors que ce club de pays détient un pouvoir de destruction capable d’aniquiler la vie humaine plusieurs fois. Les États-Unis sont le seul pays qui a développé, testé et déployé en combat des armement nucléairs — deux fois, en Hiroshima et en Nagasaki, en août 1945, ce qui a laissé un bilan de plus d’un quart de million de morts. Les états-uniens qui peuvent se vanter du deuxième arsenal le plus grand au monde avec plus de 6.000 ogive nucléaires. La Russie, elle, dispose de quelques centaines de plus, ce qui la rend le pays le plus nucléarisé au monde.

Tous ensembles, les 8 pays aujourd’hui dotés d’armes nucléaires — les Étas-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, le Paskistan, l’Israël — rassemblent plus de 22.000 ogives nucléaires [7]. Digérer une telle dimension n’est pas facille et nous amène à interroger : le programme nucléaire nord-coréen : est-ce le diable méchant ?

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[1] “The missile flew over the northern Japanese island of Hokkaido at 6:06 am local Japanese time, according to Japan’s state broadcaster NHK, landing in the waters 1,180 kilometers (about 733 miles) east of Hokkaido’s Cape Erimo”.: “North Korea just launched a missile over Japan”; https://www.vox.com/2017/8/28/16217988/north-korea-missile-launch-japan-trump-august-28-2017.

[2] Certains historiens croient qu’au tout début du conflit entre les Corées, Stalin, alors le dirigeant suprême de la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie, l’URSS, a engagé son homologue nord-coréen dans des pourparlers : « n’avez-vous pas assez d’armes ? », demanda Stalin. « Nous vous en donneront quelques-unes et vous devrez frapper fort les ennemis » “How North Korea’s Nuclear History Began” (TIME | History”: http://time.com/4692045/north-korea-nuclear-weapons-history/.

[3] En tant qu’un des pays le plus isolé au monde, il est plutôt difficile de dire si l’ambition vers une réunification avec la Corée du Sud sous un régime socialist démeure toujours vivante. La politique internationale est object des changements de cours fréquents, ce qui rend les relations internationales assez modifiables et dynamiques. Par example, depuis l’Armistice de 1953 le monde a témoigné des tentatives — venant des deux Corées — vers la paix, ainsi que des moments de tension. Néanmoins, si l’hypothèse d’une réunification telle comme rêvé par Kim Il Sung n’est plus à la base du programme nucléaire nord-coréen, la crainte des et la grogne contre les Étas-Unis y sont certainement.

[4] Hans Morgenthau (1901–1980). Dans le champ des relations internationales l’ouvrage de Morgenthau « Politics Among Nations : the struggle for power and peace » ainsi que celui d’Edward Carr « Twenty Years of Crisis : 1919–1939 » sont considérés comme des livres fondateurs du Réalism Moderne.

[5] Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP): https://www.un.org/fr/conf/npt/2015/pdf/text%20of%20the%20treaty_fr.pdf

[6] “As we can see from the aforementioned facts, the nuclear problem on the Korean peninsula is a product of the US anti-DPRK hostile policy. At the same time, it is thoroughly an issue between the DPRK and the United States and a problem that should be resolved between the DPRK and the United States by sitting face to face with each other. Therefore, the most realistic measure for basically resolving the nuclear problem on the Korean peninsula and peacefully breaking through the prevailing grave situation is only to conclude a non-aggression treaty between the DPRK and the United States”. KCNA ‘Detailed Report’ Explains NPT Withdrawal — https://fas.org/nuke/guide/dprk/nuke/dprk012203.html.

[7] L’information tirée du Master de Marcos Valle Machado da Silva (2010) “O Tratado Sobre a Não-Proliferação de Armas Nuclear (NTP) e a inserção do Estado brasileiro no regime dele decorrente” (p. 126–31): http://www.funag.gov.br/ipri/btd/index.php/10-dissertacoes/2171-o-tratado-sobre-a-nao-proliferacao-de-armas-nucleares-tnp-e-a-insercao-do-estado-brasileiro-no-regime-dele-decorrente.

An International Relations degree holder; a language, history and economics aficionado; and a soon-to-be Economist who sees writing a thought-untangling act.

An International Relations degree holder; a language, history and economics aficionado; and a soon-to-be Economist who sees writing a thought-untangling act.