Ressentiments impérialistes et interventionnistes: les ennemis jurés de la Corée du Nord¹ — le Japon

Le Japon — ressentiments impérialistes (1910–1945)

Objectivement dit, il existe aujourd’hui deux Corées: celle du Nord et celle du Sud. Ceci n’a pas pourtant toujours été le cas. Pendant des centaines d’années la totalité de la péninsule coréenne était sous le contrôle de dynasties différentes. Avoir en tant que voisin septentrional l’Impire chinois (juste au-dessus du fleuve Yalu, la frontiére naturelle entre la péninsule et la Chine) signifiait que les dynasties gouvernant la péninsule étaient liées aux intérêts chinois. Cette “liaison” n’a pas pas toujours été volontaire. Néanmoins, le status quo dominant de l’Impire chinois, bien que durable, n’était pas permanent.

Dans le contexte d’un néo-impérialisme croissant, déjà dans la première partie du XIXème sciècle, la défaite chinoise dans les Guerres de l’Opium (1839–42 et 1856–60) dont l’objectif fut supprimer le flux d’opium (un narcotique largement toxicomanogène) qui envahissait la Chine, lui a imposé une série de traités inégaux qui ont systematiquement miné les pouvoirs politique, économique et militaire chinois.

Dans la deuxième moité du XIXème sciècle, au Japon, la vision de la chute de l’Impire chinois et la férocité avec laquelle les puissances alors en expansion (les États-Unis et le Royaume-Uni, par example) l’ont pillé ont aidé a pousser la Révolution Meiji (1869–1912). Celle-ci, en bref, a signifiée l’occidentalisation du Japon ainsi que la consolidation politique, économique et militaire de la société japonaise.

Au cours des événements, avant même le début du XXème sciècle, la Révolution Meiji au Japon, en particulier la révolution militaire que le Japon a expérimenté lui a permit deux grands avancements: (i) on lui a assuré que son destin ne serait pas comme celui de l’Impire chinois, c’est-à-dire, être colonisé/dominé/pillé; et (2) on lui a donné les moyens pourqu’il puisse se faire un acteur, et pas une victime, de l’impérialisme qui alors se déroulait (Paul Kennedy, The Rise and Fall of the Great Powers, p.208). Ainsi étaient fondées les bases d’un Japon impérialiste.

C’est précisement dans ce contexte (celui d’un Japon muni d’une capacité impérialiste) que pendant trente-cinq ans — entre 1910 et août 1945, l’année de la capitulation inconditionnelle japonaise dans la IIème Guerre Mondial et , par conséquent, la fin du Japon impérialiste — la Corée du Nord se rencontrait sous un contrôle japonais impitoyable.

Kim Il-Sung, lui, né en 1912, fut témoin oculaire de ce contrôle impitoyable. Ce qu’il a légué aux générations nord-coréennes qui l’ont succédés est une trace tangible de relations entre la Corée du Nord et le Japon: un profond ressentiment impérialiste.

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¹ Ce texte-ci est une traduction depuis la recherche que j’ai eu l’occasion de publier, en 2018, dans la Revista Olhar, la revue scientifique de l’université où j’entreprends mes études. La recherche s’intitule “Le Programme Nucléaire Nord Coréen: cynisme et souveraineté”.

An International Relations degree holder; a language, history and economics aficionado; and a soon-to-be Economist who sees writing a thought-untangling act.

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